Son pouvoir.  posté le samedi 21 février 2009 16:05

 

Il aimait son regard

Et ses petits frissons,

Vaguelettes sous la lune…

Son souffle était la brume,

Qui saoulait les marins,

La nuit, sous le grand mat.

Ses mains étaient lassos,

Comme ceux des cavaliers,

Qui poursuivaient sans cesse,

Les taureaux des pampas.

Ses cheveux, des serpents,

Qui ondulaient sans bruit,

Sur le sable brûlé.

Ses petits cris d’amour,

Des piments rougeoyants,

Débordant des paniers,

Des marchés de Rabat.

Ses seins comme des melons,

Sur les étals moisis,

Des rues de Bamako.

Et ses hanches, des anses,

Comme les vases anciens,

Des empereurs de Chine.

Ses belles cuisses éclipsaient,

Les colonnes sacrées,

Des vieux temples romains.

Son sourire s’envolait,

Pour aller côtoyer,

Les nuages fébriles,

Qui planaient sans pleurer,

Sur les plages désertes.

Et quand dans mon oreille,

Elle murmurait « je t’aime »,

Je devenais un Dieu,

Créateur d’univers.

 

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Saisons.  posté le jeudi 12 février 2009 14:35

Il y a des jours d’Avril,

Qui ressemblent à Décembre,

Depuis que tu as fui.

De ces jours qui éclatent,

Comme des marrons lancés,

Dans les feux de l’hiver.

Ces jours sont aussi froids,

Que les pics acérés,

Des neiges éternelles.

Les jolis papillons,

Egarés, ne volent plus

Et les arbres toujours nus,

Hésitent à se parer,

De feuilles du printemps.

Les parfums s’effilochent

Et les brumes ne savent plus,

Si elles doivent s’éclaircir.

Les petites coccinelles,

Ne veulent plus rougir

Et les glands des gros chênes,

Se retiennent de tomber.

Les rues sont des allées,

Recouvertes de feuilles,

Qui se croient en automne.

Les oiseaux sont muets,

Leurs beaux chants se sont tus.

Je regarde ma montre,

Aiguilles paralysées,

Figées sur l’heure maudite,

De ton brusque départ.

 

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Les mots...  posté le dimanche 08 février 2009 19:13

Il y a des mots si doux,

Qui calment les tempêtes,

Des mots qui, prononcés,

Cicatrisent les plaies,

Des mots qui embellissent,

Les paysages sombres

Et redonnent la vie,

Aux vieux murs délabrés.

Ces mots qui font pâlir,

Les couchers de soleil

Ou qui rendent muets,

Les plus beaux des oiseaux.

Des mots qui ont le poids,

Des plus grosses étoiles,

De notre galaxie.

Ces mots qui font renaître,

Les braises épuisées,

Des feux qu’on croyait morts,

Ces mots qui étourdissent,

Plus qu’un nectar divin

Et qui rendent ridicules,

Les plus grandes symphonies.

Ces mots, mais qui sont-ils ?

C’est quand elle me regarde

Et me dit « mais je t’aime ! »

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Demain...  posté le dimanche 01 février 2009 19:14

Il arrive parfois,

Que même, les coins d’ombre,

Recèlent de ces secrets,

A faire pâlir un saint.

Sous ce petit caillou,

A l’arrondi peu sûr,

Se cache un univers,

A la fin de sa vie.

J’entends des petits bruits,

Des accords de musique,

Qui filent comme des veinules,

Sous le sable brûlant.

Les arbres ont enfoncé,

Pour rechercher de l’eau,

Leurs mouvantes racines,

Au centre de la Terre.

L’air qui s’est raréfié,

Ne soutient plus les ailes,

Des oiseaux qui s’écrasent,

Sur les crêtes acérées.

Les hommes ont disparu,

Des espèces nouvelles,

Apparaissent rampantes

Et créent de nouveaux dieux.

Le soleil est géant,

Le vent devient muet,

Depuis longtemps déjà,

On ignore les nuages.

La folie envolée,

C’est l’aube d’un nouvel âge.

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Le jardin  posté le jeudi 22 janvier 2009 21:07

Dans les jardins lointains,

Les herbes se révoltent

Et les tiges agacées,

Les regardent de haut.

Dans leurs yeux, le mépris,

Pour ces frêles esquisses,

Dépourvues de toute fleur.

Ce n’est que bruissement

Ou vague conciliabule,

Pour les bribes malingres,

Qui se plient sous le vent.

Les fleurs ne disent rien.

Elles ne se soucient pas,

De celles qu’elles considèrent,

Comme de bas végétaux,

Des petits pédicules,

Qui peuplent les prairies.

Les herbes en ont assez,

De la vile dictature,

De celles qui sont grandes.

Ce qui fait notre force,

Dit un soldat herbeux,

C’est que nous sommes  mille,

Quand elles ne sont que cent.

Les tiges se méfient,

Les fleurs, elles, sont ailleurs,

Occupées à produire,

Leurs merveilleux parfums.

La guerre n’a pas eu lieu,

C’est que, dans ce jardin,

Chaque brin d’herbe, en secret,

Est amoureux d’une fleur.

 

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