Les jours sont élastiques
Et les heures-caoutchouc,
S’étirent dans la nuit.
Les trottoirs, face à face,
Ne sont plus parallèles
Et les lourds lampadaires,
Se courbent vers l’oubli.
Il y a des jours comme ça,
Où les pavés pointus,
Pénètrent dans nos têtes
Et on ne sait comment,
Nos pieds semblent flotter,
Dans les petits nuages,
Agressifs à souhait.
La ville déploie ses larmes
Et offre à notre vue,
Sa rue pâle et grisâtre.
C’est la rue de l’ennui.
Les magasins frileux,
Se serrent à étouffer
Et montrent leurs vitrines,
Dans lesquelles se côtoient,
Des béquilles rouillées,
Montées sur des roulettes,
Des gants de marbre sculptés
Avec sept doigts cornés
Et de beaux pull-overs,
A trois manches évasées.
Sur les murs suintants,
Sont rivés des anneaux,
Avec des traces de sang,
De couleur vert-de-gris.
Au loin, un clocher noir,
Inverse le temps qui passe,
Et égrène les heures,
D’une étrange longueur.
La nuit ne tombe pas,
Au plus survole-t-elle,
Les toits et les ruelles,
Qu’elle plonge dans la pénombre.
Il y a des jours sans nuit,
Des jours couleur-café,
Des journées qui étouffent,
A cause des odeurs,
De la vie qui oublie,
Souvent de repartir.