Elle est seule dans la chambre,
Rejoins-la, elle t’attend.
J’espérais ce moment,
Mais il y a si longtemps…
Je regardais la table,
Recouverte de poussière
Et les petits dessins,
Que ma main égarée,
Avait au cours des ans,
Dessinés en tremblant.
La lampe agonisante,
Avait pendant des jours,
Veillé sur ma détresse
Et séché toutes mes larmes,
Maintenant à jamais,
Incrustées dans le bois.
Elle est seule dans la chambre,
Rejoins-la, elle t’attend.
J’ai regardé la porte,
Je sais, elle est derrière.
Mon cœur ne sait que faire,
Ma tête s’évapore,
C’est un bateau fantôme,
Qui revient vers le port.
Son absence a forgé,
Comme les feux de l’enfer,
La muraille d’acier,
Qui protégeait mon corps.
Loin d’elle, mes mots,
Ont construit des histoires
Et façonné aussi,
Mes poèmes d’amour.
Loin d’elle, j’ai respiré,
Cet air malsain de vie,
Que je voulais quitter.
Ma main a serré fort,
La poignée de la porte,
Ma main a fait tourner,
Le bout de porcelaine.
Elle est seule dans la chambre,
Rejoins-la, elle t’attend.
Dans ma tête, une voix
Me disait « mais pousse donc » !
La porte s’est ouverte
Et, ébahi je vis :
Elle, toujours jeune et belle
Ou
Une femme vieille et laide
Ou
Son corps dans un cercueil…
( au choix )




