Le choix.  posté le jeudi 25 juin 2009 19:41

Elle est seule dans la chambre,

Rejoins-la, elle t’attend.

J’espérais ce moment,

Mais il y a si longtemps…

Je regardais la table,

Recouverte de poussière

Et les petits dessins,

Que ma main égarée,

Avait au cours des ans,

Dessinés en tremblant.

La lampe agonisante,

Avait pendant des jours,

Veillé sur ma détresse

Et séché toutes mes larmes,

Maintenant à jamais,

Incrustées dans le bois.

Elle est seule dans la chambre,

Rejoins-la, elle t’attend.

J’ai regardé la porte,

Je sais, elle est derrière.

Mon cœur ne sait que faire,

Ma tête s’évapore,

C’est un bateau fantôme,

Qui revient vers le port.

Son absence a forgé,

Comme les feux de l’enfer,

La muraille d’acier,

Qui protégeait mon corps.

Loin d’elle, mes mots,

Ont construit des histoires

Et façonné aussi,

Mes poèmes d’amour.

Loin d’elle, j’ai respiré,

Cet air malsain de vie,

Que je voulais quitter.

Ma main a serré fort,

La poignée de la porte,

Ma main a fait tourner,

Le bout de porcelaine.

Elle est seule dans la chambre,

Rejoins-la, elle t’attend.

Dans ma tête, une voix

 Me disait « mais pousse donc » !

La porte s’est ouverte

Et, ébahi je vis :

 Elle, toujours jeune et belle

     Ou

Une femme vieille et laide

        Ou

Son corps dans un cercueil…

     ( au choix )

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Mes nuits...  posté le lundi 22 juin 2009 13:18

 

Que sont mes nuits sans elle ?

Des morceaux d’heures qui traînent,

Des minutes qui trottinent,

Autour du lit défait.

Je me noie sous les draps,

Imprégnés du parfum,

Que sa peau a laissé.

Je tâtonne dans le noir,

J’écoute le temps qui passe,

J’imagine son corps,

Blotti contre le sien…

Mes moments de délire,

S’arrêtent quand minuit sonne,

Car j’espère qu’à cette heure,

Les amants fatigués,

S’endorment enfin repus,

D’amour recommencé.

Le matin, le sommeil,

Enfin frappe à ma porte,

Je me lève, étonné,

Car je respire encore.

J’attendrai tout le jour,

L’arrivée de la nuit,

Celle du grand plongeon,

Celle du désespoir…

 

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L'après.  posté le mercredi 10 juin 2009 16:55

Dans les champs immatures,

Quelques herbes vibraient,

Bercées par ce vent chaud,

Qui nous vient des montagnes.

Les fourrés desséchés,

Lançaient vers le ciel rouge,

Des messages insensés,

Que personne n’entendait.

Sur le sol affaibli,

Courraient comme des veinules,

Des racines calcinées,

Dépourvues de la sève.

Nous étions peu nombreux,

A avoir survécu,

Aux terribles tourments,

Des flammes de l’enfer.

Sur la Terre dévastée,

Aux odeurs de défaite,

Planait, comme un oiseau,

Un masque de poussières.

Je savais qu’elle vivait,

Averti par mes cils,

Qui poussaient à foison,

Au-dessus de mes crânes.

Mais j’étais ancré là,

Rivé dans le calcaire.

Elle, peut-être, attachée,

Aux flancs de la montagne,

Recevait sans savoir,

Mes derniers cris d’amour.

Je voulais caresser,

Pour la dernière fois,

Les volutes affamées,

Qu’elle émettait sans cesse.

Le temps a déroulé,

Le tapis de l’oubli.

Elle n’est plus qu’une vague,

Qui vibre dans mes têtes.

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Les recoins.  posté le dimanche 31 mai 2009 18:12

Les recoins.

 

Les recoins sont-ils vides

Ou bien recèlent-ils,

Des parfums oubliés,

Laissés là, par hasard,

Par les femmes infidèles ?

Et chacun des je t’aime,

Murmuré dans la bouche,

De l’amant égaré,

Se perd et s’amoncelle,

Sur les débris d’amour,

Des temps qui ont passé.

Il reste des poussières,

Des bouts de vieilles époques,

Des mélanges incertains,

De baisers et de larmes.

Quand la chambre se vide,

Quand la voiture se gare,

Quand la porte est fermée,

Les amants ignorants,

Abandonnent derrière eux,

Des traces d’un enfer,

Ou d’un beau paradis.

Les recoins ne savent plus,

Où donner de la tête,

Imprégnés à jamais,

Des rêves qui s’oublient.

 

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Les deux arbres.  posté le mardi 05 mai 2009 19:07

 

 

Il n'y a pas de pire brume

Que celle qui navigue

Entre tes yeux et moi.

Et pour te regarder

Il me faut affronter,

Les vagues assourdissantes

Fabriquées par ton bois.

Je veux aller vers toi,

Mais comment traverser,

Ces gouffres que tu creuses,

Sous chacun de mes pas.

Je ne peux te toucher,

Que lorsque le vent souffle,

Lorsque je plie mon tronc,

Quand mes racines souffrent.

Alors, instant sublime,

Quand ma feuille tendue,

Effleure en une caresse,

Ce tronc si désiré.

Et quand le vent s'apaise,

Quand je redeviens droit,

Pour toi c'est un oubli,

Pour moi c'est une promesse,

Un souvenir si fort,

Comme la pluie qui tombe drue,

Sur ce vaste désert,

Qui s'étend entre nous.

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