Dans les bars oubliés,
Perdus au fond des cours,
Quelques machines à sous,
Cliquettent dans la nuit.
La ronde des vieilles pièces,
Malmène les rails rouillés.
Sur l'écran affaibli,
S'affichent lentement,
Des dessins, des symboles,
Qui ne veulent plus rien dire.
Ils sont là, les fantômes,
La main sur le levier,
Les yeux vitreux collés,
Sur l'écran translucide.
Dans les bars oubliés,
Perdus au fond des cours,
Quelques machines à sous,
Cliquettent dans la nuit.
Dans l'air opaque et gris,
Naviguent des litanies,
De sons désordonnés,
De crécelles endormies.
Le temps ne passe plus,
Dans ces arrière-cours,
Qui embaument l'ennui.
Dans ces lieux inutiles,
Sur les tables voilées,
S'assèchent au fond des verres,
Des liqueurs étouffées.
Sur les porte-manteaux,
Des chapeaux, des casquettes,
Découpent dans la brume,
Des halos du passé.
Dans les bars oubliés,
Perdus au fond des cours,
Quelques machines à sous,
Cliquettent dans la nuit.
Ils sont là, tous hagards,
L'espoir plein les poumons,
La tête dévissée,
Ils oublient de penser.
Les années passent ainsi,
Dans les bars oubliés,
Perdus au fond des cours,
Où les machines à sous,
Cliquettent dans la nuit.
