Les villes de l'arrière-monde (1).  posté le mardi 09 février 2010 16:35

 

Les jours sont élastiques

Et les heures-caoutchouc,

S’étirent dans la nuit.

Les trottoirs, face à face,

Ne sont plus parallèles

Et les lourds lampadaires,

Se courbent vers l’oubli.

Il y a des jours comme ça,

Où les pavés pointus,

Pénètrent dans nos têtes

Et on ne sait comment,

Nos pieds semblent flotter,

Dans les petits nuages,

Agressifs à souhait.

La ville déploie ses larmes

Et offre à notre vue,

Sa rue pâle et grisâtre.

C’est la rue de l’ennui.

Les magasins frileux,

Se serrent à étouffer

Et montrent leurs vitrines,

Dans lesquelles se côtoient,

Des béquilles rouillées,

Montées sur des roulettes,

Des gants de marbre sculptés

Avec sept doigts cornés

Et de beaux pull-overs,

A trois manches évasées.

Sur les murs suintants,

Sont rivés des anneaux,

Avec des traces de sang,

De couleur vert-de-gris.

Au loin, un clocher noir,

Inverse le temps qui passe,

Et égrène les heures,

D’une étrange longueur.

La nuit ne tombe pas,

Au plus survole-t-elle,

Les toits et les ruelles,

Qu’elle plonge dans la pénombre.

Il y a des jours sans nuit,

Des jours couleur-café,

Des journées qui étouffent,

A cause des odeurs,

De la vie qui oublie,

Souvent de repartir.

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Le grenadier.  posté le samedi 16 janvier 2010 15:54

 

Le vent souffle très fort,

Je continue ma route,

Ils comptent tous sur moi.

Mon but : la butte au loin,

Cachée par la poussière.

Je dois lancer bien fort,

Et les faire exploser,

Mes grenades assassines.

Je suis le grenadier,

Le dernier de l’armée.

Mes pieds semblent se perdre,

Au centre de ta terre,

Je résiste vaillant,

Au vent qui me bouscule,

Je ne peux m’arrêter,

Ni regarder derrière,

Je suis leur seul espoir,

Le lien presque invisible,

Qui les retient en vie.

Je l’oublie, mon envie,

De tout abandonner,

De laisser choir enfin,

Mes grenades si lourdes.

Ils arrivent vers moi,

Egarés, affamés,

Des êtres d’un autre temps,

Qu’enfanta la nature.

Peuvent-ils me voir sans yeux ?

Sauront-ils déguster,

Sans papilles et sans bouche,

Mes grenades savoureuses ?

Pourront-ils secouer,

Tous dépourvus de bras,

Mes lourdes branches garnies ?

Je suis le grenadier,

Le dernier sur cette Terre,

Je résiste au vent fort

Et je lève mes yeux,

Sur l’horizon perdu,

De couleur grenadine.

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Leur destinée.  posté le samedi 09 janvier 2010 15:34

Parfois elles se révoltent,

Quand il devient violent.

Courageuses, elles résistent,

Aux coups qu’il leur assène.

Il frappe sans rien dire,

Le jour comme la nuit.

Elles sentent sur leur corps,

Son souffle qui les effraie.

Quand il se calme enfin,

Pour elles c’est une fête,

Un bal, un carnaval,

Une caresse au soleil.

Mais on ne sait pourquoi,

Soudain il devient fou

Et elles plient sans se plaindre,

Les herbes si fragiles,

Sous les coups de boutoir,

Du vent qui vient du Nord.

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Les machines à sous.  posté le mercredi 30 décembre 2009 16:38

 

Dans les bars oubliés,

Perdus au fond des cours,

Quelques machines à sous,

Cliquettent dans la nuit.

 

La ronde des vieilles pièces,

Malmène les rails rouillés.

Sur l'écran affaibli,

S'affichent lentement,

Des dessins, des symboles,

Qui ne veulent plus rien dire.

Ils sont là, les fantômes,

La main sur le levier,

Les yeux vitreux collés,

Sur l'écran translucide.

 

 Dans les bars oubliés,

Perdus au fond des cours,

Quelques machines à sous,

Cliquettent dans la nuit.

 

Dans l'air opaque et gris,

Naviguent des litanies,

De sons désordonnés,

De crécelles endormies.

Le temps ne passe plus,

Dans ces arrière-cours,

Qui embaument l'ennui.

Dans ces lieux inutiles,

Sur les tables voilées,

S'assèchent au fond des verres,

Des liqueurs étouffées.

Sur les porte-manteaux,

Des chapeaux, des casquettes,

Découpent dans la brume,

Des halos du passé.

 

Dans les bars oubliés,

Perdus au fond des cours,

Quelques machines à sous,

Cliquettent dans la nuit.

 

Ils sont là, tous hagards,

L'espoir plein les poumons,

La tête dévissée,

Ils oublient de penser.

Les années passent ainsi,

Dans les bars oubliés,

Perdus au fond des cours,

Où les machines à sous,

Cliquettent dans la nuit.

 

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café.  posté le samedi 05 décembre 2009 10:21

  

Elle avait dans les yeux,

Ses sourires d'autrefois

Et sa peau conservait

Mes élans de tendresse.

Chacun des mots d'amour,

Avaient sculpté ses lèvres,

Quand mon souffle revenait,

Parfumer  son corps nu.

Je me souviens encore,

De son premier je t'aime,

Prononcé un matin,

Après un long détour.

Parfois le rire fusait

Et masquait la tristesse,

Qui souvent sans raison,

Embuait ses beaux yeux.

J'ai aimé explorer,

Ses recoins indiscrets,

Et frôler à tâtons,

Ses guirlandes secrètes.

Elle disait oui toujours,

Même sans être prête,

Même si le bateau,

Abandonnait le quai.

Et puis un beau matin,

Un rendez-vous fut pris,

Quand l'air frais exhalait,

Les derniers soubresauts,

Des désirs endormis.

Nous étions tous les deux,

Assis au fond du bar,

Pataugeant sans savoir,

Dans l'odeur de café.

Elle me serrait la main,

Ses yeux rivés aux miens

Et me dit dans un souffle,

Ce matin, je te quitte.

Ma tête en un instant,

Devint sous l'émotion,

Un gros percolateur.

 

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